Religion et violence

  • Par lcdv
  • Le 01/07/2017
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       Pour générer des comportements agressifs ou violents voire meurtriers, l’homme n’a nul besoin de la religion. Pour autant, les religieux n'ont pu éviter que les guerriers s’emparent  d’eux et les utilisent en les compromettant dans l’horreur des champs de bataille. Pourtant face à l’offense, la religion n’élève-t’elle pas le pardon au-dessus de la vengeance voire même du droit comme le souligne le Coran : «  La loi du talion est permise, mais si tu pardonnes, cela est  meilleur » (Coran. 2 :178). Car rien ne justifie aujourd’hui le meurtre en prenant le nom de Dieu comme témoin et prétexte.

       Ainsi des jeunes endoctrinés, par–là même ignorants, pensent servir Dieu alors qu’un peu de réflexion leur suffirait à comprendre  qu’ils  sont manipulés  par des intérêts politiques. Tout au long de l’histoire, la religion a servi de voile aux conquêtes et aux enjeux du pouvoir.        Cela suffit à certains penseurs pour exhiber Yahvé ou Allah comme précurseurs de la violence : ce n'est pas différencier ceux qui utilisent la religion pour eux-mêmes et  ce que le Sacré a permis.  D’évidence, les religions sont ou ont été une source de violence, mais au regard de l'histoire,  la part de l’instrumentalisation du religieux apparaît à la fois immense et évidente. 

       En revanche, si l’on revient à une vision métaphysique de la religion et à l’enseignement des saints, les notions  d’amour, de lumière et de pardon s'imposent comme les principaux attributs de la Présence Divine. La paix, l’ordre et l’équilibre sont le but de toutes les organisations traditionnelles liées au Sacré. Cependant, la puissance des forces chaotiques du monde, dont on ne peut nier l’existence, exigent en contre partie un bras puissant pour préserver cet équilibre — l’œuvre de Dieu, la part du diable... ? C’est pour cela que le Coran associe en permanence deux noms divins  Al Hakim et Al Aziz, le Sage et le Puissant. Que ce soit à l’échelle individuelle, à celle d’une société ou au niveau international, qui peut envisager de vivre sans droit, exempt de justice ?

       Une véritable justice appelle à une forme de sagesse et nécessite une force consubstantielle pour son respect. La plupart des sociétés actuelles confie cette sagesse aux hommes — les jurés d’assises par exemple —  cela a un sens, le Prophète ne disait–il pas que de la concertation  du groupe naît la lumière ? Mais je pense qu'un lien avec la verticalité, cette source d'où s’inspire la sagesse universelle est aussi nécessaire. Pour plusieurs raisons, toutefois je n’en retiendrais qu'une : celle de la miséricorde. Le Ciel incitera toujours  la communauté humaine à d’abord incarner la miséricorde, le pardon, avant la rigueur de la justice. En tant que musulman, c’est l’enseignement que j’ai reçu du Coran et de l’exemple du Prophète (sur lui, le salut et la paix). Ainsi mon cœur est-il meurtri de voir, aujourd'hui encore, des forces obscures et brutales travestir la lumière du Verbe coranique pour répandre le sang des innocents. Seules l’ignorance et la désorientation psychologique sont responsables de ces actes et, en aucun cas, la religion de Dieu.

 

Philippe Yacine Demaison

Juin 2017

 


 

 
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