le bonheur illusion ou réalité ?

Le Bonheur illusion ou réalité ?
Eclairage de Philippe-Yacine Demaison,

Y a-t-il un bonheur éternel?
Oui. Il se tient dans la promesse établie entre le Divin et l’homme. C’est sans doute là une des origines de toute quête religieuse ou spirituelle. La nature du Divin est  éternelle,  le bonheur qui lui est corollaire est donc lui aussi éternel. Au fond de chaque être existe une aspiration profonde voire irraisonnée d’accéder à ce  bonheur ; à un état qui abolit toute souffrance psychique, physique ou tout vide. Ce bonheur recherché est assimilable à une plénitude heureuse, une béatitude selon le vocable religieux. Par le don de la conscience fait à l’homme, le Divin l’a proposé en partage.  Certains s’en sont défiés, l’ont comparé à un opium illusionnant le peuple. Pourtant, si l’on regarde l’histoire humaine, l’empreinte de cette quête éternelle dure depuis des millénaires. Il y a fort à penser qu’elle perdurera pour les siècles à venir tandis que le communisme, pour ne citer que lui,  sera vite oublié.

 Où le trouver? 

Pour  nos frères hindouistes, le divin se définit selon la formule trinitaire Sat-Chit-Ananda (Etre-Conscience-Béatitude). Pour la plupart des religions, le lieu emblématique de cette béatitude est le paradis où les âmes connaissent un état de félicité empreint de Paix et de Lumière. Le Coran en donne même, à travers ces célèbres houris et jeunes éphèbes, une vision jouissive. Mais au regard des soufis (voie spirituelle de l’islam), le paradis  est  une création donc susceptible de disparition. Le bonheur éternel ne peut être contenu que dans l’unique et seule éternité : c’est-à- dire Dieu lui-même.

Est-ce à dire qu’il n’existe que dans l’au-delà ?

Non, et c’est là l’extraordinaire  de la condition humaine car le Cœur spirituel de l’homme est celui de la présence divine. Ainsi  en tout lieu et  à chaque instant, l’homme peut accéder à cet éternel présent. Le bonheur terrestre quant à lui, enserré dans l’espace et le temps, est un simple reflet. L’homme poursuit sans relâche  cette ombre  fuyante alors qu’en se retournant il pourrait  contempler directement la Lumière (Nûr) du Vrai (Haqq). Un juste milieu est donc à trouver entre nos aspirations terrestres et l’élévation céleste.

Ce bonheur est-il un but en lui-même?


C’est avant tout une Grâce. Si partir à sa recherche est évidemment une vocation humaine, du point de vue spirituel, il y a très peu de chance de le trouver par et dans une posture égocentrique. Pour prétendre à ce bonheur, il faut en passer par le Don qui est sa nature même. La Sakîna – cette présence de Dieu – descend dans le cœur de l’homme quand le divin le veut et/ou quand il est prêt. L’attitude altruiste, l’amour et l’aide apportés à la création et à Ses serviteurs y concourent. Par le Don, le cœur humain s’attendrit, se nourrit, se dépouillant de ses impuretés, il  se prépare  à accueillir le rayonnement divin. La condition sine qua non pour goûter à ce bonheur intangible est donc de ne pas céder aux chimères de l’égocentrisme. C’est l’expérience des saints qui donne peu de crédit aux  problématiques de l’éphémère pour invoquer et finalement s’identifier à l’Eternel. Mais ce bonheur ne demeure pas moins accessible  pour peu que l’on veuille bien s’en donner la peine…

Propos recueillis par F.W.

 

 

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